Mise à jour du 22 septembre 2026 : nouveau coup de pouce. Après un premier relèvement de 300 à 600 € en mai, le gouvernement annonce que le plafond de la prime carburant va passer à 1000 € par an et par salarié. L'article a été mis à jour en conséquence.
Le 22 septembre 2026, face à la nouvelle flambée des prix à la pompe, le gouvernement a annoncé une deuxième série de mesures. Pour les employeurs, la plus importante concerne la prime carburant : son plafond d'exonération va passer de 600 à 1000 euros par an et par salarié. C'est la deuxième hausse cette année, après le passage de 300 à 600 euros en mai. Pour les PME, c'est un levier de pouvoir d'achat encore plus puissant, sans charges supplémentaires. On vous explique comment le mettre en place.
Ce qui change concrètement
En début d'année, un employeur pouvait verser jusqu'à 300 euros par an et par salarié, exonérés de charges. Le plafond est passé à 600 euros en mai 2026. Il va désormais atteindre 1000 euros.
Pour les véhicules électriques ou hybrides rechargeables, le plafond était déjà à 600 euros et passe aussi à 1000 euros.
Les conditions d'accès ont aussi été assouplies jusqu'au 31 décembre 2026 : la quasi-totalité des salariés qui utilisent leur voiture deviennent éligibles (voir plus bas)
La prime carburant en 30 secondes
La prime carburant est une aide facultative versée par l'employeur aux salariés qui utilisent leur véhicule personnel pour le trajet domicile-travail.
Quelques points clés :
- C'est l'entreprise qui décide de la mettre en place (ou non)
- Si elle le fait, elle doit l'appliquer à tous les salariés éligibles dans les mêmes conditions
- C'est un dispositif distinct du chèque carburant de l'État (l'indemnité de 100 euros pour les "grands rouleurs"), qui est versé directement par l'administration fiscale
Qui est éligible ?
En temps normal, la prime carburant est réservée aux salariés qui dépendent de leur véhicule personnel pour aller travailler. C'est le cas quand leur domicile ou leur lieu de travail n'est pas desservi par les transports en commun, ou quand leurs horaires ne leur permettent pas de les utiliser. Elle ne peut pas non plus se cumuler avec le remboursement de l'abonnement de transports en commun.
En 2026, ces règles sont assouplies. Pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026 :
- La condition de desserte est suspendue. Un salarié qui habite ou travaille dans une zone desservie par les transports en commun peut en bénéficier.
- Le cumul avec l'abonnement de transports est autorisé. Vous pouvez verser la prime carburant à un salarié dont vous remboursez déjà une partie du pass Navigo ou de l'abonnement TER.
Résultat : la quasi-totalité des salariés qui prennent leur voiture pour aller travailler deviennent éligibles, y compris en ville.
Restent exclus : les salariés qui disposent d'un véhicule de fonction avec carburant pris en charge, ceux qui sont logés par l'employeur et n'ont pas de frais de trajet, et ceux dont le transport est assuré gratuitement par l'entreprise.
Les plafonds 2026
Pour les véhicules thermiques ou électriques, le plafond d'exonération va passer de 600 à 1000 euros par an et par salarié.
L'employeur peut verser plus de 1000 euros, mais le surplus sera traité comme du salaire classique : soumis à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.

Cumul avec les autres dispositifs mobilité
La prime carburant ne vit pas en silo. Elle se combine avec le forfait mobilités durables (FMD) et le remboursement des transports en commun.
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Comment la mettre en place
Deux options :
Option 1 : Décision unilatérale de l'employeur (DUE). L'employeur rédige un document fixant le montant et les conditions. C'est la voie la plus rapide pour les PME.
Option 2 : Accord d'entreprise. Si vous avez des représentants du personnel, vous pouvez passer par un accord collectif.
Dans les deux cas :
- Le montant doit être identique pour tous les salariés éligibles d'une même catégorie
- La prime apparaît sur le bulletin de paie
- Les justificatifs à demander : justificatif de domicile + carte grise du véhicule
L'impact fiscal : tout le monde y gagne
C'est l'un des rares dispositifs où employeur et salarié gagnent en même temps.
Côté salarié : la prime n'apparaît pas dans le revenu imposable. Aucune incidence sur le taux de prélèvement à la source. C'est du net, point.
Côté employeur : la part exonérée est aussi exempte de cotisations patronales. 1000 euros versés = 1000 euros de coût réel.
À noter : si le salarié déclare ses frais réels, la prime reçue vient en déduction. Un salarié qui déclare 5 000 euros d'indemnités kilométriques et reçoit 1000 euros de prime ne pourra déduire que 4000 euros.
Les autres mesures carburant annoncées en 2026
Le plan du 21 mai 2026
- Une indemnité carburant de 100 € versée par l'État aux travailleurs modestes « grands rouleurs ». Elle est réservée aux actifs dont le revenu fiscal de référence 2024 ne dépasse pas 16 880 € par part, et qui parcourent plus de 15 km par trajet entre leur domicile et leur travail, ou plus de 8 000 km par an. La demande se fait sur impots.gouv.fr, jusqu'au 30 septembre 2026 inclus.
- Le doublement du plafond de la prime carburant employeur (de 300 à 600 €) et l'assouplissement de ses conditions d'accès, confirmés par le BOSS le 6 août 2026.
Les mesures du 22 septembre 2026
Chiffrée à 450 millions d'euros, cette deuxième série élargit surtout des aides existantes :
- Un nouveau relèvement du plafond de la prime carburant, de 600 à 1000 € par an et par salarié.
- Le chèque énergie maintenu en 2027 pour 4,5 millions de bénéficiaires, soit 700 000 de plus, avec des montants de 48 à 277 € selon les revenus. Il sera versé dès janvier 2027 au lieu d'avril.
- Des aides sectorielles prolongées jusqu'en décembre : 20 centimes par litre de gazole non routier pour le BTP, 15 centimes pour l'agriculture, et les aides carburant pour les pêcheurs.
- Un soutien à la trésorerie des entreprises : l'État peut accorder des reports de cotisations sociales ou des étalements de dettes fiscales. Le ministre invite les chefs d'entreprise à contacter tôt les services concernés.
Pour les employeurs, la prime carburant reste le levier le plus direct. Contrairement aux aides de l'État, elle n'est pas soumise à des conditions de revenus et couvre l'ensemble des salariés éligibles.
Pourquoi c'est le moment
Les prix à la pompe font la une depuis plusieurs semaines. La fidélisation des équipes est un sujet permanent. Et le plafond a plus que triplé en un an (de 300 à 1 000 €). Rarement un sujet RH n'aura été autant dans l'air du temps.
Et ce n'est pas qu'une question de contexte : c'est aussi ce que vos salariés attendent. Selon notre étude Mūcho × Toluna d'avril 2026 menée auprès de 1 038 salariés de PME, les aides à la mobilité arrivent en 3e position des avantages jugés les plus essentiels, juste derrière la mutuelle et les titres-restaurant. Le signal est clair.
Pour une PME, verser 1000 euros exonérés à un salarié qui fait 30 km aller-retour chaque jour, c'est un geste concret sur le pouvoir d'achat. Sans alourdir les charges. Sans complexité administrative.
Combinée aux titres-restaurant, au forfait mobilités durables et aux autres avantages exonérés de charges, la prime carburant s'inscrit dans une politique globale d'avantages salariés.
Le type de package qui attire, qui retient, et qui coûte moins cher qu'une augmentation.
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