Comme chaque année, la Dares publié le 10 juin dernier son rapport sur l'épargne salariale. Le rapport 2026 décrypte les données 2024 (oui, il y a toujours un écart lié au temps de traitement). Et bonne nouvelle : l'épargne salariale a franchi un cap historique : 27,2 milliards d'euros versés à 9 millions de salariés du privé. Le fait marquant ? Ce ne sont plus seulement les grands groupes qui portent la dynamique. Les entreprises de moins de 50 salariés gagnent du terrain, portées par la loi du 29 novembre 2023 qui impose le partage de la valeur aux PME rentables.
27,2 milliards d'euros : un record absolu depuis 2006
Les chiffres donnent le ton. En 2024, les entreprises françaises ont distribué 27,2 milliards d'euros bruts au titre de la participation, de l'intéressement et des abondements sur plans d'épargne salariale. C'est 1,1 milliard de plus qu'en 2023, soit +4,4 %. Du jamais-vu depuis le lancement de l'enquête Dares en 2006.
10,6 millions de salariés sont désormais couverts par au moins un dispositif. Ça représente 54 % du secteur privé non agricole, en hausse de 1,8 point sur un an. Parmi eux, 9 millions ont effectivement touché une prime : 46 % de l'ensemble des salariés du privé, et 85,2 % des salariés couverts.
Le complément moyen ? 3 113 euros brut par bénéficiaire dans les entreprises de 10 salariés ou plus. Et dans certaines structures de plus de 250 salariés, on dépasse allègrement les 10 000 euros.
Dans le détail : participation stable, intéressement en hausse
Côté participation, le nombre de bénéficiaires reste stable à 5,8 millions de salariés. Total versé : 11,4 milliards d'euros bruts, soit 4,4 % de la masse salariale des bénéficiaires. Pas de surprise ici, la formule légale dépend des résultats de l'entreprise.
L'intéressement, lui, progresse. 5,6 millions de bénéficiaires, 11,9 milliards d'euros versés, en hausse de 2,7 % sur un an. C'est le dispositif qui monte, parce qu'il s'adapte aux objectifs de chaque entreprise. Résultat : il représente désormais autant que la participation en volume.
Côté plans d'épargne, le PEE (Plan d'Epargne Entreprise) reste le dispositif le plus répandu : 45,4 % des salariés couverts (+1,1 point). 2,4 millions de salariés ont reçu un abondement sur leur PEE, pour un total de 2,1 milliards d'euros. Le Perco et le PER d'entreprise collectif (PERECO) couvrent 28,4 % des salariés, en hausse marquée de 1,7 point. C'est le dispositif dont la diffusion progresse le plus vite.
Les PME, vrai moteur de la croissance
Voilà le virage. L'épargne salariale reste massivement présente dans les grandes entreprises : 89,1 % de taux de couverture au-dessus de 1 000 salariés. Mais ce taux recule légèrement, de 0,3 point.
Le mouvement vient d'en bas.
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le taux de couverture a bondi de 3 points en un an pour atteindre 21,1 %. Le rapport Dares le confirme noir sur blanc : la hausse de la couverture est "particulièrement marquée dans les entreprises de moins de 50 salariés". Même les TPE de moins de 10 salariés bougent : 19,8 % de couverture, 722 000 salariés couverts, 540 000 bénéficiaires effectifs d'une prime.
Trois points de progression quand on part de 18 %, c'est considérable. Et côté salariés, le constat est cohérent : selon l'étude Mūcho menée avec Toluna en avril 2026 auprès de 1 038 salariés de PME, 36 % déclarent que leur entreprise propose déjà l'épargne salariale, et 15 % qu'elle est en train de la mettre en place. Autrement dit, plus de la moitié des PME sont en mouvement sur le sujet. Pour celles qui n'ont pas encore bougé, le signal est clair : les concurrents s'y mettent, et les candidats à l'embauche le savent.
Loi partage de la valeur : ce qui a changé au 1er janvier 2024
Pourquoi cette accélération ? La loi du 29 novembre 2023 a transposé dans le Code du travail un accord national interprofessionnel signé entre partenaires sociaux. Son principe : les entreprises de 11 à 49 salariés qui sont rentables (bénéfice net fiscal supérieur ou égal à 1 % du chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs) doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur à compter du 1er janvier 2024.
Participation, intéressement, abondement PEE, versement sur un plan d'épargne retraite collectif : au choix, mais au moins un. Les chiffres Dares montrent que ça a fonctionné. Pas de manière cosmétique : +3 points de couverture chez les moins de 50, c'est le signal que les PME ont réellement bougé.
Vous dirigez une PME et vous n'avez pas encore mis en place d'épargne salariale ? Échangeons 20 minutes pour voir ce qui s'adapte à votre structure.
Pourquoi les PME ont intérêt à aller au-delà du minimum légal
Se conformer à la loi, c'est un début. Mais les PME qui tirent vraiment parti de l'épargne salariale l'utilisent comme un levier RH, pas comme une case à cocher.
Prenons les exonérations. Sur un intéressement versé dans une entreprise de moins de 250 salariés, le forfait social est de 0 %. Zéro. Là où une augmentation de salaire coûte entre 25 et 42 % de charges patronales, l'intéressement passe en net (ou presque) côté salarié, et en charge déductible côté entreprise.
Le rapport Dares livre un autre indicateur parlant : les salariés ont placé 11,8 milliards d'euros sur des plans d'épargne en 2024, contre 9,2 milliards perçus immédiatement. Plus de la moitié des sommes distribuées vont sur du long terme. Ça prouve que les salariés considèrent ces dispositifs comme un vrai complément patrimonial. Pas juste comme une prime ponctuelle.
Un chiffre pour fixer les idées : entre 2010 et 2024, le montant total distribué via l'épargne salariale a progressé de 28 % en euros constants. Sur la même période, les salaires du privé n'ont progressé que de 4,9 % en euros constants. Six fois moins. L'épargne salariale est devenue un vrai morceau du package de rémunération, pas un gadget.
Des écarts sectoriels qui créent des opportunités
La couverture varie de manière spectaculaire d'un secteur à l'autre. Banque et assurance : 80,8 %. Hébergement-restauration : 25,4 %. L'écart est vertigineux.
Vous avez déjà essayé de recruter un chef de rang ou un conducteur de travaux en pleine pénurie ? Pour une PME dans l'hôtellerie, le BTP ou le commerce, proposer un intéressement et un PEE, c'est se démarquer immédiatement de 75 % de ses concurrents employeurs. À l'entretien d'embauche, ça change la donne.
Le coût reste maîtrisé. L'intéressement ne se déclenche que si les objectifs sont atteints. L'abondement PEE est plafonnable au centime près (donc un coût maîtrisable pour l'entreprise). Et l'administration du dispositif ne coûte quasiment rien avec les bonnes solutions et le bon partenaire !
Participation, intéressement, PEE, PERECO : lequel choisir ?
Pas besoin de tout activer d'un coup. La loi impose un minimum. Reste à choisir le bon dispositif pour votre PME.
La participation est obligatoire à partir de 50 salariés. En dessous, elle reste facultative. Son montant dépend des résultats selon une formule légale. Avantage : c'est automatique. Inconvénient : en année difficile, il n'y a rien à distribuer.
L'intéressement est 100 % facultatif et 100 % flexible. Vous fixez les critères (CA, marge, satisfaction client, réduction des accidents) et le versement se déclenche si les objectifs sont atteints. C'est le dispositif préféré des PME. Et pour les entreprises de moins de 250 salariés : forfait social à 0 %.
Le PEE (Plan d'Épargne Entreprise) est le véhicule d'épargne le plus répandu (45,4 % des salariés y ont accès). Il permet de placer participation ou intéressement sur des supports de placement que vous avez au préalable sélectionner, avec un abondement possible de l'employeur. C'est ce qui transforme une prime ponctuelle en avantage structurant.
Le PERECO complète le tout avec une dimension retraite. Les sommes sont bloquées jusqu'au départ (sauf déblocage anticipé), et les versements volontaires du salarié sont déductibles du revenu imposable. Le Dares note d'ailleurs que le Perco/PERECO est le dispositif dont la couverture progresse le plus vite en 2024 : +1,7 point, à 28,4 % des salariés. On vous explique le fonctionnement du PERECO en détail ici.
Non, l'épargne salariale n'est pas réservée aux grands groupes
C'est probablement l'idée reçue la plus tenace. Beaucoup de dirigeants de PME imaginent encore que l'épargne salariale, c'est un truc de CAC 40 : complexe, coûteux, réservé aux entreprises qui ont un service RH de 15 personnes. Les chiffres Dares prouvent le contraire. Et les solutions ont évolué.
Il existe désormais des dispositifs inter-entreprises conçus spécifiquement pour les PME. C'est plus rapide à mettre en place, plus simple à administrer, et les frais de gestion sont répartis. Mūcho Avenir fonctionne exactement sur ce modèle : avec un PEI et une PERECOI adaptés aux besoins de simplicité des structures de 10 à 250 salariés.
Ce qu'il faut retenir
2024 marque un tournant. Les grandes entreprises maintiennent leurs dispositifs (89 % de couverture), mais la dynamique est côté PME. La loi du 29 novembre 2023 a donné l'impulsion, les chiffres Dares le confirment : +3 points chez les moins de 50 salariés, +1,8 point au global, record historique de 27,2 milliards distribués.
Pour les dirigeants de PME qui n'ont pas encore franchi le pas, la question n'est plus "faut-il y aller ?" mais "quel dispositif choisir ?". Intéressement à 0 % de forfait social, PEE comme socle d'épargne, PERECO pour la retraite : les outils existent et vos concurrents s'y mettent.
On en parle ensemble ? 20 minutes suffisent pour faire le point sur votre situation.



