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Enjeux RH

Augmentations de salaire 2027 : à quoi s'attendre, et comment faire plus avec un petit budget

Publié le
2026-10-23
|
10
min de lecture
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Rédacteur
Anne-Sophie Le Quinio
Anne-Sophie Le Quinio
Chief Marketing Officer
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Chiffres vérifiés le 23 octobre 2026.

Pour 2027, les chefs d'entreprise français anticipent une hausse médiane de 2 % des salaires de base. C'est ce que montre l'enquête de la Banque de France menée fin août 2026 auprès de 1 700 dirigeants, toutes tailles d'entreprise confondues. Problème : ces mêmes dirigeants attendent 2,5 % d'inflation sur un an, et les prix ont déjà bondi de 3,1 % en septembre. Avec une enveloppe de 2 %, vous ne contenterez pas tout le monde. Et chaque euro d'augmentation passe à la moulinette des cotisations, alors qu'un euro d'avantage exonéré arrive entier dans la poche de vos salariés.

 

Augmentation de salaire 2027 : combien prévoient vraiment les entreprises ?

Vous avez sans doute vu passer les enquêtes de référence publiées cet été. Mercer, qui a interrogé 277 entreprises implantées en France, anticipe un budget médian de 2,5 % pour 2027, après 2 % en 2026, son plus bas niveau depuis quatre ans. WTW table sur 3 % dans son enquête Salary Budget Planning, et note que seules 17 % des entreprises ont accordé des augmentations générales cette année, contre 61 % en 2025.

Regardez qui a répondu. Chez WTW, sur près de 800 entreprises en France, plus de 700 sont des filiales de groupes étrangers. D'autres enquêtes, qui annoncent 2,3 %, interrogent presque exclusivement des sociétés du CAC 40 et du SBF 120. Ces chiffres sont utiles pour situer le marché, pas pour calibrer le budget d'une PME de 25 salariés à Niort ou à Annecy.

Pour une vision représentative de toutes les entreprises, on s'appuie donc aussi sur la statistique publique.

Ce que prévoient les dirigeants. Dans son enquête trimestrielle publiée le 17 septembre 2026, la Banque de France interroge un échantillon représentatif de 1 700 chefs d'entreprise, de toutes tailles et de toutes régions. Leur anticipation médiane pour les salaires de base des 12 prochains mois : +2 %. Et 60 % d'entre eux se situent entre 1,5 % et 2,5 %. Autrement dit, le marché est serré autour de 2 %, très loin des envolées de 2022 et 2023.

Ce qui se négocie déjà. Les accords signés confirment la tendance. Au deuxième trimestre 2026, la hausse moyenne prévue par les accords d'entreprise atteint 1,7 %, et les minima de branche progressent de 1,1 %. Plus parlant encore, 15 % des accords d'entreprise prévoient une hausse inférieure ou égale à 1 %, contre 10 % un an plus tôt.

Ce que projette la Banque de France. Dans ses projections de septembre 2026, elle table sur un salaire moyen par tête en hausse de 2,6 % en 2027, après 2,0 % en 2026. Attention, cet indicateur inclut les primes, les heures supplémentaires et les effets de composition de l'emploi : ce n'est pas un budget d'augmentation.

💡 Bon à savoir : un budget de 2 % ne veut pas dire 2 % pour chacun. Les augmentations générales ont nettement reculé depuis la période inflationniste de 2022-2023. Concrètement, beaucoup d'employeurs vont cibler : quelques augmentations individuelles marquées, et rien (ou presque) pour le reste de l'équipe.

 

Inflation 2027 : pourquoi le pouvoir d'achat reste sous tension

Les chiffres de l'automne 2026 ne laissent pas beaucoup de place au doute. Selon l'Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre 2026. L'énergie a pris 21,3 % en un an, le gazole 44,1 % et l'essence 25,7 %. Pour un salarié qui fait 40 km par jour en voiture, ce n'est pas une statistique. C'est un plein qui fait mal.

Pour 2027, la Banque de France anticipe un reflux de l'inflation à 1,9 % en moyenne annuelle, après 2,3 % en 2026 (indice harmonisé). Mais l'inflation hors énergie et alimentation, elle, grimperait à 2,3 %, portée par les services et la diffusion progressive des hausses passées.

Le point clé est ailleurs. D'après la même projection, le salaire moyen progresse moins vite que les prix entre mi-2026 et début 2027. Le pouvoir d'achat de la masse salariale reculerait de 0,7 % en 2026 avant de remonter d'environ 1 % en 2027.

Traduction pour vos équipes : une augmentation de 2 % en janvier 2027 servira surtout à rattraper le terrain perdu. Pas d'en gagner.

 

Pourquoi chaque euro d'augmentation vous coûte bien plus d'un euro

C'est là que le casse-tête commence. Une augmentation de salaire brut se dilue deux fois : côté salarié, puis côté entreprise.

Côté salarié, d'abord. Sur 100 € d'augmentation brute, un salarié non-cadre récupère environ 78 € sur sa fiche de paie, avant impôt sur le revenu. Le reste part en cotisations salariales (vous pouvez le vérifier avec le simulateur officiel du Code du travail numérique).

Côté entreprise, ensuite. Vous payez l'augmentation, les cotisations patronales sur cette augmentation, et depuis le 1er janvier 2026 vous perdez souvent une partie de vos allègements. La réduction générale dégressive unique (RGDU) s'applique désormais jusqu'à 3 Smic. Elle est maximale au niveau du Smic, puis diminue à mesure que le salaire monte. Chaque augmentation accordée sous ce seuil rogne donc mécaniquement votre réduction.

Un exemple concret, dans une PME de moins de 50 salariés. Prenons un salarié à 2 500 € brut par mois (30 000 € par an) et une augmentation de 2 %.

• Pour lui : 50 € brut de plus par mois, soit environ 39 € net.

• Pour vous : 50 € brut, plus les cotisations patronales correspondantes, plus 187 € de réduction générale perdus sur l'année (environ 15,60 € par mois), d'après la formule officielle et les paramètres 2026.

• Et ça, c'est chaque année : une augmentation de salaire est un engagement durable, qui se cumule avec les suivantes.

Augmenter un salaire, c'est un peu comme remplir une baignoire bouchon ouvert. Vous versez beaucoup, il en reste moins que prévu.

 

Petit budget : 4 leviers pour donner du pouvoir d'achat sans charges

On ne va pas se mentir : rien ne remplace complètement une augmentation de salaire, surtout pour les plus bas salaires ou les profils que vous avez peur de perdre. Mais quand l'enveloppe ne suffit pas pour tout le monde, les avantages exonérés changent la donne. Pour 100 € dépensés, votre salarié reçoit 100 €. Ni plus, ni moins.

1. Revaloriser le titre-restaurant

C'est le levier le plus rapide, et souvent le plus visible. En 2026, la part employeur du titre-restaurant est exonérée de cotisations dans la limite de 7,32 € par titre, à condition de financer entre 50 et 60 % de sa valeur. Pour profiter de l'exonération maximale, le titre doit donc valoir entre 12,20 € et 14,64 €, comme le rappelle Service Public Entreprendre. Ce plafond est revalorisé chaque 1er janvier.

Faisons le calcul. Vous proposez aujourd'hui un titre de 9 € financé à 50 % (4,50 € à votre charge). Vous passez à 12,20 € financé à 60 % (7,32 €). Votre salarié gagne 2,82 € de pouvoir d'achat par jour travaillé, soit environ 53,60 € par mois sur 19 jours. Exonéré. À comparer aux 39 € net de l'augmentation de 2 % vue plus haut, qui vous coûte davantage.

Et l'usage reste large en 2027 : la réforme du titre-restaurant votée par les députés prolonge les achats alimentaires en supermarché toute l'année, sous réserve du vote du Sénat. Pour aller plus loin, voici les titres-restaurant Mūcho.

2. Donner du pouvoir d'achat avec le Flex : cartes cadeaux, sport, vacances

Deuxième levier, plus personnalisé. Les cartes cadeaux sont exonérées de cotisations tant que leur montant annuel ne dépasse pas 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 200 € par salarié en 2026 (le plafond 2027 annoncé par le BOSS porterait ce seuil à environ 204 €). Au-delà, l'exonération s'apprécie événement par événement : Noël, rentrée scolaire, naissance, mariage.

Et ce n'est pas tout. Les subventions sport, vacances ou culture entrent dans le cadre des activités sociales et culturelles, exonérées sous conditions. Même sans CSE, c'est vous qui pouvez les financer directement.

C'est exactement le principe de la Cagnotte Flex : vous fixez un budget, chaque salarié l'utilise là où il en a besoin (carte cadeau, abonnement de sport, séjour de vacances). Un trentenaire sportif et une mère de trois enfants n'ont pas les mêmes priorités, et ils n'ont pas à choisir le même avantage. Tous les détails sont sur notre page avantages flexibles.

3. Partager la valeur : PPV ou intéressement

Votre année a été bonne, mais vous ne voulez pas alourdir durablement la masse salariale ? Le partage de la valeur est fait pour ça.

La prime de partage de la valeur (PPV) peut atteindre 3 000 € par salarié et par an, ou 6 000 € si vous avez un dispositif d'intéressement ou de participation. Elle reste exonérée de cotisations sociales. En revanche, le régime renforcé des entreprises de moins de 50 salariés (exonération d'impôt sur le revenu et de CSG-CRDS pour les salariés sous 3 Smic) s'arrête au 31 décembre 2026. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 propose de prolonger d'un an la seule exonération de CSG-CRDS : à confirmer au vote. Une PPV versée avant fin décembre profite donc encore du meilleur régime. On détaille tout dans notre article sur la PPV 2026.

🚨 Point de vigilance : la PPV ne peut jamais se substituer à une augmentation ou à une prime déjà prévue par un accord, le contrat de travail ou un usage. C'est un complément, pas un remplaçant.

L'intéressement, lui, joue sur la durée. Il est exonéré de cotisations sociales, et les entreprises de moins de 250 salariés ne paient pas de forfait social dessus. Depuis la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur, une entreprise de moins de 50 salariés peut le mettre en place par simple décision unilatérale. Bonus : si votre salarié place sa prime sur un plan d'épargne salariale, elle échappe à l'impôt sur le revenu (CSG-CRDS restant dues). Pour structurer tout ça, voici notre offre d'épargne salariale.

4. Activer la prime carburant

Avec un gazole en hausse de 44 % sur un an, c'est sans doute l'avantage le plus attendu de vos salariés qui roulent.

En 2026, le plafond d'exonération a été relevé à titre exceptionnel à 1 000 € par an et par salarié, avec des conditions d'accès assouplies, pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026. On fait le point complet dans notre article sur la prime carburant 2026.

En 2027, sauf prolongation votée dans le budget, la prime retrouve ses règles habituelles : 300 € exonérés par an, et un public ciblé. L'article L. 3261-3 du Code du travail la réserve aux salariés dont le domicile ou le lieu de travail se situe hors du périmètre d'un plan de mobilité obligatoire (ces plans concernent les agglomérations de plus de 100 000 habitants) ou dans une commune non desservie par les transports en commun, ainsi qu'à ceux dont les horaires imposent la voiture.

Concrètement ? Si votre PME est installée dans une ville moyenne ou en zone rurale, une bonne partie de vos équipes est probablement éligible. Exactement là où la voiture n'est pas une option. Pour la mettre en place simplement, c'est par ici : la prime carburant avec Mūcho.

 

Comment répartir une enveloppe serrée ?

Bref, pas besoin de choisir entre « augmenter » et « ne rien faire ». La plupart des PME qu'on accompagne panachent.

Une partie de l'enveloppe en augmentations ciblées : les bas salaires, que l'inflation frappe le plus, et les profils clés que vous ne pouvez pas vous permettre de voir partir. Le reste en avantages exonérés, accessibles à tous, qui font sentir l'effort à chacun dès le mois suivant.

Prenez une PME de 30 salariés avec une masse salariale brute de 900 000 €. Un point d'augmentation, c'est 9 000 € de brut par an, avant cotisations patronales et perte de réduction générale. Les mêmes 9 000 € investis en Flex ou en titres-restaurant, c'est 300 € de pouvoir d'achat net par salarié. Sans un centime de charges en plus.

Votre enveloppe tient plutôt de la tirelire que du coffre-fort ? Notre guide des avantages salariés déroule des plans d'action budget par budget, de zéro euro à plus de 1 000 € par salarié et par an. Chaque levier y est chiffré en pouvoir d'achat réel pour vos équipes et en coût pour vous. De quoi convaincre même votre DAF. Téléchargez le guide →

Dernier conseil, et pas le moindre : dites-le. Un avantage que personne ne voit ne fidélise personne. Pour d'autres pistes, on a rassemblé les leviers dans notre article sur le pouvoir d'achat des salariés en PME.

 

FAQ : augmentations de salaire en 2027

De combien les salaires vont-ils augmenter en 2027 ?

Selon l'enquête de la Banque de France de septembre 2026, menée auprès de 1 700 dirigeants d'entreprises de toutes tailles, la hausse médiane attendue des salaires de base sur 12 mois est de 2 %. Les enquêtes de référence de Mercer (2,5 %) et de WTW (3 %) affichent des budgets plus élevés, mais leurs panels sont dominés par de grandes entreprises et des filiales de groupes étrangers.

Une augmentation de 2 % suffit-elle à compenser l'inflation ?

Pas vraiment. Les prix ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre 2026 (Insee) et les dirigeants anticipent 2,5 % d'inflation à un an. Une hausse de 2 % sert surtout à rattraper le retard accumulé en 2026.

Quels avantages proposer avec un petit budget ?

Commencez par les leviers exonérés les plus visibles : revaloriser le titre-restaurant, offrir une carte cadeau en fin d'année, verser une prime carburant à vos salariés qui roulent. Pour aller plus loin, notre guide des avantages salariés propose un plan d'action pour chaque niveau de budget, de zéro à plus de 1 000 € par salarié et par an.

Une PPV peut-elle remplacer une augmentation de salaire ?

Non. La loi interdit de substituer une PPV à un élément de rémunération prévu par un accord, le contrat ou un usage. Elle vient en complément, par exemple pour récompenser une bonne année sans engager durablement votre masse salariale.

La prime carburant sera-t-elle encore à 1 000 € en 2027 ?

Ce n'est pas acquis. Le plafond de 1 000 € vaut pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026. Sans prolongation votée dans la loi de finances pour 2027, le plafond redescend à 300 € et les conditions d'éligibilité habituelles s'appliquent de nouveau.

 

En 2027, la question ne sera pas seulement « combien augmenter ? », mais « comment rendre chaque euro utile ». Titres-restaurant revalorisés, Flex, partage de la valeur, prime carburant : chez Mūcho, on regroupe tout au même endroit, et on vous aide à trouver le bon dosage pour votre budget. Échangeons 20 minutes →

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