L'avenant n°8 de la convention Syntec (IDCC 1486), signé le 14 février 2025, redessine le régime de complémentaire santé pour toutes les entreprises de la branche depuis le 1er janvier 2026. Nouvelle grille de cotisations, garanties renforcées sur la santé mentale, coupes sur certains postes : voici ce qui va concrètement changer pour votre entreprise et vos salariés.
Un nouveau modèle de cotisation « isolé / famille »
C'est probablement le changement le plus structurant. Jusqu'ici, la seule option était le modèle classique : salarié + enfants obligatoires, conjoint facultatif. À partir de 2026, les entreprises Syntec pourront aussi opter pour une structure « isolé / famille obligatoire ».
En clair : un salarié sans ayant droit paie une cotisation « isolé ». Dès qu'il a un conjoint ou un enfant, il bascule automatiquement en tarif « famille » qui couvre tout le foyer. Pas de choix individuel possible.
L'avenant n°9 a posé les montants. Pour le régime général (hors Alsace-Moselle) :
En structure « isolé / famille » : 46,50 € par mois pour un isolé, 122,50 € pour une famille. En structure classique « salarié + enfants » : 64 € par mois de cotisation de base.
Attention. Le choix de structure s'applique à l'ensemble du personnel. Une startup de 15 développeurs célibataires n'a pas le même intérêt qu'une PME de conseil avec beaucoup de parents. Faites vos simulations avant de trancher.
Santé mentale, optique, chirurgie : les garanties qui montent
Les partenaires sociaux ont choisi de réallouer les budgets vers des postes à fort impact pour les salariés. Concrètement :
Soutien psychologique. Le régime intègre la prise en charge à 100 % de la BRSS via le dispositif « Mon soutien psy ». C'est une première dans la branche. Vu l'explosion des arrêts liés au burn-out dans le secteur du conseil et de la tech (oui, le Syntec est en première ligne), c'est un signal fort.
Chirurgie réfractive. Opération de la myopie, astigmatisme, etc. : la prise en charge augmente sur les trois premières options. Pour un salarié développeur de 28 ans qui hésite depuis deux ans, ça peut faire pencher la balance.
Verres de lunettes. Prise en charge revue à la hausse sur les options d'entrée. C'est cohérent avec la réalité du terrain : la majorité des salariés Syntec passent 8 heures par jour devant un écran. L'optique, c'est pas un luxe dans cette branche.
Hospitalisation, dentaire, diététique : ce qui baisse ou disparaît
Pour financer ces améliorations sans exploser les cotisations, il a fallu faire des arbitrages. Certains ne vont pas plaire à tout le monde.
Chambre particulière en hôpital. Le remboursement baisse sur les packages les plus élevés. Le texte mentionne des « dérives commerciales » sur ce poste. Traduction : certains assureurs avaient gonflé cette garantie pour vendre, les partenaires sociaux recadrent.
Prothèses dentaires hors 100 % Santé. Nouveau plafonnement : deux dents par an et par bénéficiaire. L'ancien plafond était en nombre de prothèses, ce qui incluait les équipements temporaires. Le nouveau est plus lisible mais plus restrictif pour les gros travaux dentaires.
Produits diététiques prescrits. Supprimés. Jugés « peu utilisés et obsolètes » par les partenaires sociaux. Si vous avez des salariés qui en bénéficiaient, pensez à les prévenir avant janvier.
Pour les entreprises qui se demandent pourquoi la mutuelle coûte de plus en plus cher, cette logique de réallocation est intéressante : plutôt que d'augmenter les cotisations mécaniquement, on déplace les curseurs.
Prévention et action sociale : le virage bien-être
Le régime Syntec consacre 2 % des cotisations à l'action sociale. Pour 2026-2030, trois axes prioritaires ont été définis :
Pratiques sportives. Aides au financement de licences, challenges internes. Rien de révolutionnaire, mais ça officialise une tendance que beaucoup d'entreprises tech avaient déjà adoptée de façon informelle. Et bonne nouvelle, l'aide à la pratique sportive est un avantage exonéré de charges ! Et simple à gérer avec la cagnotte Flex de Mūcho
Équilibre vie pro / vie perso. Soutien à la parentalité, aide aux salariés aidants. Le détail reste à préciser dans les prochains mois.
Inclusion santé. C'est l'axe le plus ambitieux : programmes pour les maladies chroniques, meilleur accès aux soins pour l'endométriose, ressources pour les salariés neurodivergents. Sur le papier, c'est prometteur. Dans la pratique, on verra comment ces 2 % se traduisent en actions concrètes.
Ce que vous devez faire
Comparez les deux structures de cotisation. Modélisez l'impact financier sur votre masse salariale. Un tableur suffit : nombre de salariés isolés vs familles, cotisation mensuelle, part employeur. Le bon choix dépend de la démographie de vos équipes.
Vérifiez la conformité de votre contrat. Que vous soyez chez un assureur recommandé ou non, votre contrat doit intégrer les nouvelles garanties (psy, chirurgie réfractive) et les nouveaux plafonds (dentaire, chambre). Pour gagner du temps, demandez à nos experts Santé de faire l'audit pour vous ! C'est gratuit et sans engagement.
Informez vos salariés. La suppression des produits diététiques, le plafonnement dentaire, le changement de structure : ce sont des sujets qui génèrent des questions. Mieux vaut anticiper avec une communication claire que gérer des incompréhensions en janvier. Une mutuelle bien expliquée, c'est une mutuelle mieux perçue.
Consultez votre CSE. Le choix de structure (isolé/famille vs classique) impacte directement le pouvoir d'achat des salariés. Dialogue social obligatoire.
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FAQ
Quand les changements entrent-ils en vigueur ?
Le 1er janvier 2026. L'avenant n°8 a été signé le 14 février 2025 (source : Syntec).
Quels sont les risques si je ne suis pas conforme à ma CNN ?
Un contrat mutuelle qui ne respecte pas ces obligations, c'est un risque concret pour l'entreprise. Un salarié peut saisir les prud'hommes et l'employeur peut se retrouver à rembourser de sa poche les frais que la mutuelle n'a pas couverts, en plus de potentiels dommages et intérêts. Le risque est réduit certes mais il existe bien.
Mon entreprise est-elle obligée de choisir la structure isolé/famille ?
Non. C'est une option. Vous pouvez rester sur la structure classique (salarié + enfants obligatoires, conjoint facultatif). Mais le choix est uniforme : il s'applique à tous les salariés.
Les cotisations vont-elles augmenter ?
Les grilles de base sont fixées par l'avenant n°9. La cotisation de base « isolé » est à 46,50 €/mois. Des options facultatives existent, et l'entreprise peut les rendre obligatoires (avec participation au financement). Si vous êtes sur un contrat au-dessus du socle conventionnel, l'impact dépend de votre assureur.
Quelles entreprises sont concernées ?
Toutes les entreprises relevant de la convention collective Syntec (IDCC 1486) : bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils, sociétés de conseil, ESN, éditeurs de logiciels.



